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1905 : La séparation de l'Eglise et de l'Etat -

"L'Affaire" de la propriété du presbytère de Saint Mars du Désert :
(Cet article rédigé par Roger Lecomte, à partir de ses recherches notamment dans les archives municipales, figura dans la page  "histoire " du site de la commune créé sous le mandat de Mme Touzot.
Lors de la refonte de ce site en 2008 par la municipalité Maindron, l'article fut supprimé...et pourtant Duportal estime que ces faits historiques marquèrent fortement l'évolution de la société, même à Saint Mars, et ont au moins autant leur place sur le site municipal que le prénom et le poids d'une cloche...voir le site officiel)


La Loi Rouvier du 9 décembre 1905 imposa la séparation de l' Eglise et de l'Etat. Nous évoquerons dans cet article les nombreuses discussions juridiques qui aboutirent le 5 janvier 1910 à la signature d'un Décret du Président de la République (A. Fallières) attribuant à la commune " les biens ayant appartenu à la fabrique et à la même succursale de l'église de Saint Mars du Désert et actuellement placés sous séquestre..."
Par lettre du 20 septembre 1907 adressée au Maire, le Préfet de la Loire-Inférieure indiquait: " ...D'après les recherches auxquelles j'ai fait procéder, la question de la propriété du presbytère de Saint Mars du Désert est extrêmement délicate. Lors de la rédaction, en date du 26 octobre 1906, du procès-verbal de prise de possession des biens de l'ancienne fabrique, le presbytère a été considéré comme dépendant de cet établissement sous le nom duquel il figurait à la matrice cadastrale.
D'autre part, suivant lettre du 2 mars 1906, la propriété en est revendiquée par M. Yves de Cadaran, demeurant à Saint Denis des Coudrais (Sarthe) qui prétend que l'immeuble aurait été restitué à ses auteurs après la Révolution.
Sans rien préciser quant à l'origine, vous inclinez de votre côté à admettre la propriété de la commune par application de l'article 72 de la Loi du 18 germinal An X.
L'affaire donne lieu aux observations suivantes:
Un aveu, ou reconnaissance de vassalité, rendu le 4 mars 1673, à M. de La Baume, évêque de Nantes, par Barthélémy de Cadaran, seigneur de l'Epinay, fait effectivement mention sous le n° 14 du dénombrement de " l'église, presbytère et cimetière de Saint Mars du Désert ".
Un autre aveu fait le 14 septembre 1739 à la Cour des Régaires, qui constituaient l'ensemble des possessions de l'Evêché de Nantes, s'exprime comme suit : " Messire Pierre de Cadaran, chevalier, seigneur de Saint Mars... avoue et confesse être sujet de Mgr Louis-Christophe Turpin Crissé de Lanzay...évêque de Nantes et de lui tenir prochement à foi, hommage et rachat...savoir : "l'église, cimetière et presbytère de Saint Mars du Désert dont les auteurs dudit seigneur avouant sont fondateurs, sans mêmes charges que prières et maisons."
D'autres aveux existent, paraît-il, plus anciens et non moins explicites, qu'il a semblé inutile de rechercher, les indications qui précèdent suffisent à démontrer le droit initial de la famille de Cadaran.
Au cours de la période révolutionnaire, les de Cadaran émigrèrent. Leurs biens furent confisqués et mis en vente en exécution du Décret du 2-6 septembre 1792.
Un procès-verbal d'estimation fut dressé le 15 vendémiaire An IV par deux experts, dont l'un  "nommé par le citoyen Jacques Martineau, aux termes de sa soumission d'acquérir le corps d'habitation servant de logement à l'ex-curé". Mais le presbytère resta bien national, soit que le Sieur Martineau n'ait pas donné suite à son engagement, soit qu'après acquisition, il ait encouru la déchéance..."
Un sénatus-consulte du 6 Floréal An X prescrivit une première restitution partielle aux émigrés des biens non vendus. Ceux de leurs biens, dit l'article 17, qui sont encore dans les mains de la Nation (...) leur seront rendus sans restitution des fruits.
En exécution de cette disposition, main-levée du séquestre apposé sur les biens de la famille de Cadaran fut donnée le 6 Pluviôse An XII. Presque en même temps, la Loi du 18 Germinal An X "rendait" aux communes, les presbytères et jardins attenants non aliénés.
Mais à Saint Mars, la maison presbytérale n'avait jamais appartenu à la commune. Par une délibération du 25 Floréal An XIII, le Conseil Municipal émet l'avis qu'il soit payé annuellement au desservant une somme de 600 francs et qu'il ait la disposition de la maison presbytérale, du jardin et du verger y attenant, lesquels sont invendus.
Il semble donc bien que la famille de Cadaran ait tacitement abandonné ses droits et la commune se comporta  alors en "propriétaire". Monsieur Yves de Cadaran, domicilié à Saint Denis des Coudrais, dans la Sarthe, par lettre du 14 novembre 1907, saisissait de nouveau le Préfet pour rappeler que sa famille possédait de temps immémorial l'église et le presbytère de Saint Mars.
Le Sous-Préfet de Châteaubriant, dans plusieurs courriers, priait donc la commune de louer le presbytère sans attendre, puisque la propriété de la commune était incontestable...
Le Conseil Municipal, le 4 octobre 1908 à midi, décidait de louer à Monsieur le Curé de Saint Mars, le presbytère pour quatre vingt francs par an, c'est à dire au même montant que le presbytère de Petit-Mars " qui est à peu près d'une importance égale".
Etaient présents: MM. Ganuchaud Georges, maire; Ertault de La Bretonnière; Baudouin; Morin; Letertre; Pageau; Pineau; Perchais; Coulon, Lemasson; Boislève; Martin.
Etaient absents: MM. Bouron; Rocher; Lemesle; Bureau.
(reproduction du presbytère en page d'accueil)

1794 - La Révolution de 1789 à Saint Mars 

La vie de François-Joseph Dougé, curé de Saint Mars du Désert, guillotiné le 18 avril 1794.
(article rédigé par Roger Lecomte, d'après ses recherches, et notamment le livre :" Prêtres fusillés, massacrés ou guillotinés" du  Chanoine Jarnoux. Cet article a été maintenu sur le site de la commune par la municipalité Maindron, contrairement à celui consacré à la propriété du presbytère transférée à la commune...)

François-Joseph Marie Dougé est né le 9 novembre 1748 au village du Brouaissais et a été baptisé en l'église paroissiale par Missire Joachim-Etienne Paris, chanoine de la cathédrale de Nantes. Il était fils de Noble maître Guillaume Dougé, avocat au Parlement, sénéchal de la baronnie de la Musse-Ponthus à Nort-sur-Erdre, et de Dame Jeanne Beauchêne. (ci- joint l'acte de baptême)
Elevé avec ses neuf frères et soeurs, il fut pris en charge vers ses dix ans, par son oncle et parrain François Dougé, recteur de Trans-sur-Erdre, et tonsuré le 12 février 1761 en la chapelle du palais épiscopal à Nantes. Cette démarche permettait de procurer au jeune clerc la jouissance de quelques bénéfices destinés à payer sa pension au collège de l'Oratoire et au séminaire. Ainsi, il obtenait la collation de trois des revenus dont son oncle avait la jouissance: les Micauds, la Foltière, la Bidonnière (La Foltière est toujours un village à Trans).
A la mort de son oncle, l'abbé Dougé, en avril 1774, devenait titulaire du bénéfice des Trois Routes à Saint Mars du Désert. Il fut ordonné prêtre fin 1774. En février 1775, il maria sa soeur Jeanne à Messire Pierre de la Rochefordière, de Ligné.
François Dougé quitte le diocèse de Nantes pour le Bas-Poitou, puis le diocèse de Luçon où il fut curé de Saint Généroux-de -Girouard du 6 juin 1784 à 1790.
Afin de ne pas être mis en demeure de prêter serment à la constitution civile du clergé, il démissionna le 5 novembre 1790 et se retira à Carquefou, puis à Saint Mars du Désert dans sa maison du Tertre, non loin de la route de Châteaubriant.
Sommé de prêter serment à la Constitution, et s'y refusant, il fut considéré comme suspect et jugé apte à la déportation.
Le 3 novembre 1792, le commissaire Aregnaudeau accompagné de deux gendarmes de Nort et de Jean Perchais, maire de Saint Mars, fit l'inventaire des biens de François Dougé en sa maison du Tertre, en présence de sa servante Jeanne Thuard. Jeanne avoua être payée par son maître soixante dix huit livres en or ou en écus de six livres, chaque année.
Près de la maison était la métairie du Tertre, propriété indivise de l'abbé et de ses frères et soeurs, affermée annuellement sept cent vingt livres, sur laquelle François percevait trois cent quatre vingt livres. A partir du mois de mars 1793, François se terra dans les marais et les chemins creux, et bénéficia de l'hospitalité de Jacques Coquet, bordier du Fresche-Blanc à Sucé.
Le 11 avril 1794 (22 germinal An II), le citoyen Julien Ploteau, membre du Comité de Surveillance de Sucé, vint prendre un verre à l'auberge de Thomas Gaudin et entendit Denis Henry - se prétendant coquetier,  mais avouant être prêtre - tenir des propos peu aimables sur la Révolution.
Arrêté, il dénonça des prêtres insermentés et notamment l'abbé Dougé: celui-ci fut découvert caché dans un coffre à linge chez Jacques Coquet.
Le citoyen Guillet, qui commandait la garde nationale de Sucé, fit ligoter les mains derrière le dos et conduire l'abbé devant le Comité de Sucé.
Le 13 avril 1794, François Dougé, Denis Henry et Jacques Coquet furent conduits à Nantes.
Denis Henry, condamné à mort le 15 avril fut exécuté le 16 au matin. François Dougé fut traduit devant le Tribunal le 16 avril 1794 (27 germinal An II) et jugé "sans témoins" par ce Tribunal présidé par Lepeley.
Condamné le 16 avril au soir, il était conduit dès le surlendemain matin sur l'échafaud où sa tête tombait sous le couperet du bourreau.
Quant à Jacques Coquet, il fut condamné à la déportation et perdit tous ses biens...
Acte de baptême

1755 - Esclavage et baptême d'un nègre ... à Saint Mars 

«Le vingtième d'avril mil sept cent cinqte cinq a esté baptisé dans cette église par nous recteur soussigné Augustin Joseph René nègreappartenant à Monsieur Joseph Ballus habitant de St Domingue agé d'environ quinze ans.
A esté parain Ecuyer René Pierre Dugouyon de Labbaye, Capitaine sous- lieutenant de la Compagnie Générale de Dragon, et Maraine Damoiselle Angélique Josephe Dugouyon des Hurlières de Beaufort.
Présens ont estés à la cérémonie les soussignés....»
Baptême de