Compteur

CULTURE & PATRIMOINE

Des goûts et des couleurs....

Les plots et grilles dans le bourg de St Mars sont de couleur rouge bordeaux. Couleur choisie à l'unanimité à l'époque et fournie sans problème par les marchands de peinture...
Alors, quelle lubie a saisi le possesseur d'un pot de peinture pour repeindre en vert les seules grilles devant l'église?  S'agit-il des premiers effets de la mixité architecturale prônée par le maire?
D'y mettre la couleur de l'espoir? De supprimer ce rouge qui n'a jamais fait bon ménage avec le bon Dieu? 
Je laisse à chacun le temps d'y réfléchir en attendant l'évocation de problèmes plus sérieux.....

Des goûts et des couleurs    - 2 juillet 2008

On s'était étonné - à juste titre - du badigeonnage partiel de grilles de l'église, en vert alors que la couleur rouge bordeaux avait été retenue jusqu'à ce jour.
Un internaute local vient de nous faire savoir que cette grille avait été reprise en rouge... mais partiellement (face église pour l'instant) sans doute dans l'attente de la livraison d'un autre pot de peinture.
Quoi qu'il en soit, notre site est heureux d'avoir contribué à ce début de remise en ordre!

L'histoire des élections municipales - vendredi 16 mai 2008


Le bulletin municipal qui vient de paraître consacre une page à l'histoire des élections municipales en France.
L'initiative est intéressante et semble renouer avec la période 1983-2001, une page "culture historique locale" ayant été initiée par Patrice Hauray - alors Adjoint  et premier rédacteur et signataire .
Mais, encore faut-il éviter des erreurs et les "raccourcis" un peu rapides: si l'interprètation des faits est libre et discutable, les faits ne le sont pas !
C'est la raison pour laquelle il nous paraît nécessaire de compléter notre précédent article du 7 mai -plutôt consacré à l'histoire locale - pour rectifier et rappeler la vérité historique.
Le premier point majeur: il faut savoir que paroisse et commune ne recouvraient pas la même entité: des communes pouvaient n'avoir aucune paroisse comme en comporter plusieurs, et des paroisses, les plus nombreuses, n'étaient pas reconnues comme "communes".
Ce statut de "commune" était octroyé  par le suzerain, parfois après d'âpres luttes et conflits locaux.
Les "communes" pouvaient être de petites "villes" ou des "bourgs" - ainsi était leur appellation  car ils étaient généralement fortifiés et clos, ou bien évidemment de grandes cités comme Bordeaux ou Nantes.
A leur tête, on y trouvait selon les provinces, les échevins, les consuls, les procureurs, etc..ou encore les "bourgeois" formant la Communauté de ville.
Appellation et statut de ces cités étaient assez variables selon les grandes régions de France, et Augustin Thierry dans son "Tableau de l'ancienne France municipale" en dénombre cinq : Ainsi, par exemple, l'Anjou et le Maine n'ont pas les mêmes caractéristiques que la Bretagne, celle-ci n'ayant pas conservé les traditions de droit romain sauf Rennes et Nantes. (les personnes intéressées, et notamment le rédacteur de l'article paru dans le bulletin municipal, pourront utilement se reporter à  son "Essai sur l'histoire du Tiers -Etat encore ses "Lettres sur l'histoire de France" notamment les lettres XIII à XXIV))

Concernant notre région  et plus particulièrement les zones rurales, les paroisses n'avaient pas le statut de commune, la gestion étant assurée par les procureurs syndics - élus par les habitants et "manants" - généralement notables de la paroisse, assistés du "Général" de la paroisse appelé aussi  le "Conseil de Fabrique", les appellations n'étant pas toujours figées même au sein de la province de Bretagne.
Les marguilliers sont d'ailleurs une survivance de ces responsables de paroisses mais n'en ont pas les attributions.
Le procureur syndic, assisté du "trésorier", gérait l'ensemble des affaires de la paroisse : entretien de l'église, baux et ventes des biens meubles, moissons et fruits,  immeubles de la paroisse, etc...
De plus, les paroisses désignaient les collecteurs d'impôts - notamment la taille - parmi leurs habitants : c'était une reconnaissance de notabilité mais aussi une lourde responsabilité sur les deniers personnels du collecteur(il n'est pas rare de relever dans les successions, des dettes dont restent redevables les héritiers du collecteur parfois 20 ou 30 ans après son décès!)

Concernant l'élection des maires au sens moderne: ce n'est pas  de 1882 qu'il faut la dater:
En effet, les maires furent désignés par le Pouvoir Central jusqu'en juin 1848: par une loi du 3 juillet 1948, juste après la répression sanglante par les "républicains d'ordre" tel Cavaignac, les maires furent élus par les Conseils municipaux dans les seules communes de moins de 10.000 habitants, et ce système fut remis en cause en juillet 1852, au début du second Empire.
A nouveau, par une loi du 14 avril 1871, les Conseils élurent le maire, en leur sein, sauf dans les villes de plus de 20.000 habitants.
C'est donc depuis 1871 que Saint Mars du Désert élit son maire et non pas 1882 comme indiqué dans l'article municipal.
Et c'est à compter de 1884 que toutes les communes recouvrèrent le droit à élection dur maire(sauf Paris)par la loi du 5 avril 1884 et non pas 1882 même si cette année là vit de grandes réformes démocratiques.
Pour être complet, il faut préciser que sous Vichy, la nomination des maires par l'Etat pétainiste fut rétablie. Dans les faits, des maires en place ne furent pas destitués...

Saint Mars du Désert: Comment la commune choisit-elle ses maires?

mercredi 7 mai 2008

La lecture des "professions de foi" des candidats depuis plusieurs décennies et celle des anciens actes municipaux est riche d'enseignements et montre qu'aujourd'hui encore, le passage de la nomination de notables par le pouvoir central à l'élection d'un individu issu du suffrage républicain et incontesté au moins dans sa vraie légitimité, n'est sans doute pas encore acquis.
Etudions cette liste des maires:
Depuis le Consulat et le Ier Empire jusqu' en 1871, les maires sont nommés par le Pouvoir central sauf pendant une brève période de 1848 à 1851 où ils sont élus.
Ainsi, de 1815 à 1830 et de 1846 à 1852, la famille de Cadaran - anciens nobles des Yonnières - fournit les  maires nommés par le Pouvoir (sauf de 1848 à 1852 où un Cadaran sera élu.)
Les descendants de cette famille -par les lignes féminines - participeront ensuite aux Conseils municipaux, mais comme adjoints ou conseillers tout au long du 20ème siècle.
Dans la mouvance des grands propriétaires de la commune, cette famille représente plutôt la tendance "libérale" .
Une autre famille - bourgeoise celle-là - sera omniprésente à partir de 1830 : les Ganuchaud - possesseurs de la Valinière - Ils occuperont le siège de maire de 1830 à 1846 - nommés par le pouvoir bourgeois de Louis-Philippe - et de mars à août 1848, suite aux élections et couvrant ainsi la période de la répression sanglante de juin 1848.
Les Ganuchaud, temporairement remplacés par les Cadaran, élus  de 1848 à 1852, retrouvent leur siège de maire pendant toute la durée de l'Empire autoritaire, nommés par le Pouvoir sans interruption de 1852 à 1865.
Après une interruption de 1865 à 1871 où le siège est occupé par un nommé Pierre Hardy, de la Retière, la commune retrouve ses habitudes de clientélisme en élisant sans interruption un Ganuchaud de 1871 à 1925 (sauf encore une fois, un bref intermède de septembre 1903 à mai 1904 )
Au cours de ces périodes, la République se veut "musclée" au moins pendant les quinze années suivant la Commune de Paris, puis les communes rurales demeurent entre les mains des familles bourgeoises terriennes qui acceptent la République, les nobles perdant du terrain.
La famille Ganuchaud représente donc cette période. Elle ne participe plus aux affaires de la commune même si l'une de ses descendantes par alliance s'est présentée aux élections législatives de 2007, se disant  notamment "propriétaire terrienne", puis a tenté de participer aux dernières élections municipales  rappelant  son appartenance à une famille qui avait dirigé la commune depuis 1848(elle se trompe: c'est depuis 1830 ). Sincèrement, l'hérédité transmet-elle autant de gènes positifs et de prétention à un poste...surtout après tant de générations??
Le siège de maire change de mains à partir de 1925, mais pas de milieu social: deux familles bourgeoises occuperont le siège de maire, d'abord les Bureau de 1925 à 1947- propriétaires du Perray -
puis de 1947 à 1965: les Simoneau - propriétaires de la Rimbertière.

La République est bonne fille: elle pense enfin à ses paysans, et autres petits propriétaires, employés et cadres : C'est alors le tour de ces familles de 1965 à 1983: Messieurs Jean Bélier, Michel Pageau , Henri Coulon, chacun pour un mandat.
Mais la source locale semble se tarir sauf à laisser s'implanter une gauche paysanne et sociale, associée aux "laïcards" et autres "bobos". Alors, il est nécessaire de coopter quelqu'un qui saura s'ancrer dans la mentalité marsienne, préserver celle-ci, tout en poursuivant un nécessaire développement  mais qu' on voudrait malgré tout respectueux des fondamentaux de la "paroisse".
On fait donc appel à Philippe Touzot qui conduira cette tâche de 1983 à début 1996, réussissant à moderniser la commune tout en préservant les intérêts bien compris des familles locales.
L'aide des Yvonne Briant, Paul Barron, Patrice Hauray, entre autres, est indissociable de la réussite de son premier mandat.
Son second mandat est dans la ligne du premier mais certaines tendances à une gestion plus centralisée apparaissent.
Le troisième mandat est celui de trop: malade, il constitue une équipe médiocre et laisse une situation financière  sans marge de manoeuvre. La  première et unique courte année de ce mandat est blanche.

Et là, nous reprenons les bonnes habitudes de St Mars: on complète le Conseil avec deux entrants certes de qualité, car l'une, Annie-France Touzot se dit veuve de l'ancien maire et à ce titre, héritière postulant la fonction de maire. L'autre, Bruno Lebot, se dit petit fils d'un ancien maire, et à ce titre bien sûr ayant  vocation à être au moins adjoint...
Il ne faut pas oublier non plus deux conseillers entrés un an plus tôt qui s'estiment aptes à être maire au moins lors du prochain mandat: J. F. Marciadri qui rappellera lors de sa campagne de 2008 - où il sera battu - qu'il est de la famille de J. B......(là encore, cela confère une légitimité) et F. Maindron - qui aime déjà à rappeler que PhilippeTouzot "lui aurait dit qu'il le verrait bien, plus tard, occuper son siège..."
Si on ajoute que certains sont intéressés par le P.O.S. - eh oui ! il reste des terrains à classer en zones constructibles dans certaines de ces familles souvent présentes de mandat en mandat- on se rendra compte que la tâche du maire alors élu: R. Lecomte avec 12 voix contre 11 à Mme Veuve Touzot - va être "coton".
En effet, celui-ci n'est pas du sérail " mais on fera avec" le temps nécessaire. Déjà adjoint chargé de l'urbanisme depuis 1989 dans le second mandat de Ph. Touzot, sa connaissance des dossiers lui permettra néanmoins en s'appuyant sur des fidèles(tel Joseph Pageau, mais qui lui, n'a jamais fait référence aux passés municipaux de membres de sa famille)de mettre en oeuvre un lourd programme d'investissements et d'acquisitions foncières qu'il connaissait bien pour en avoir été l'auteur et rédacteur principal en 1995.
En 2001, la commune retourne à ses habitudes et choisit normalement la "légitimité" que représente Mme Touzot, avec toute la réussite que l'on connaît...
En 2008, c'est Jarnac comme aux plus beaux jours: Mme Launay qui avait été "mise en selle" en 1996 par R. Lecomte, puis avait choisi Mme Touzot en 2001, choisit F. Maindron en 2008;
Mme Touzot qui avait eu sa campagne financée en 1996 (ainsi que Bruno Lebot d'ailleurs...)sur les deniers personnels de R. Lecomte, se voit lâchée par F. Maindron lequel avait abandonné R. Lecomte en rase campagne en 2000....
J.F. Marciadri, soutien intermittent de R. Lecomte de 1996 à 2001, se retrouvant sans troupe, avait demandé à ce dernier de le prendre sur sa liste en 2001;
En 2008, comme on le sait, il tente sa chance, rappelant qu'il est de la famille de ..., et qu'il a travaillé aux côtés de Ph. Touzot. Sa mémoire aurait dû lui rappeler qu'il fut conseiller sans délégation pendant une courte année auprès de Ph. Touzot, et encore conseiller de semi-opposition pendant cinq années sous le mandat de R. Lecomte. Mais il en est de même pour F. Maindron qui appartenait en 1995 à la même formation politique - le R.P.R. - que R. Lecomte lequel en était responsable cantonal et avait des responsabilités départementales à cette époque. (C'est sans doute pour une de ces raisons bien simples que R. Lecomte avait confiance dans M. Maindron)
La défaite de R. Lecomte était donc inscrite dans ce qui précède dès 1996 et sa candidature était suicidaire même si sa liste était  équilibrée et basée sur la seule compétence désintéressée de ses membres.
Tous les protagonistes des élections de 2008, au moins en tête de listes(à l'exception peut-être de  l'équipe de M. Gautier )ne pourront représenter l'avenir de la commune.
En 2014, un renouvellement complet sera nécessaire afin d'avoir un maire incontesté élu avec plus de 50% des voix, et une véritable opposition à la place d'un conglomérat d'opposants.
C'est alors qu'on pourra enfin dire que Saint Mars du Désert choisit ses maires.